Qui suis-je ?
Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le.
L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie.
Johann Wolfgang von Goethe
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Apéritif
" Prenez garde à la tristesse : c'est un vice. "
Gustave Flaubert
Entrée
" Le milieu du point de vue de l'essence est un sommet du point de vue de l'excellence. "
Aristote
Plats de résistance
" Suivre et vivre la marche du monde requiert pouls sensible, axiomatique variable et maxime poétique. "
Denis Guillec
" La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l’on pense, mais à penser tout ce que l’on dit. "
H. de Livry
Dessert
" Tu ne seras aimé que lorsque tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force. "
Cesare Pavese
Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le.
L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie.
Johann Wolfgang von Goethe
A l’occasion de la dizaine de séances de dédicaces que j’ai organisées (à Paris, en province et notamment dans mon Auvergne natale) ainsi que des entretiens pour la presse et des passages radiophoniques autour de mon essai politique L’esthète des lenteurs paru en début d’année 2008 aux éditions Lettres du monde, j’ai assez vite conçu le projet d’écrire un nouvel essai, hors champ politique et situé au carrefour de l’étude de mœurs, du pamphlet poétique et du récit de voyage spirituel, afin de dénoncer avec la même force que précédemment les déviances de la modernité, mais dans le cadre d’un projet plus ambitieux des points de vue littéraire, philosophique et spirituel.
Mon installation à Paris, dont j’ai su très tôt qu’elle ne durerait pas, a d’abord été une forte source d’inspiration pour écrire les premières pages d’un essai critique de la société moderne, c’est-à-dire avant tout des pièges multiples qu’elle tend à chacun de nous : piège de la vitesse, piège du consumérisme, du matérialisme, de l’outrance vestimentaire, de la promiscuité, de la foule, piège du surmenage, piège du bruit, de la rumeur, des odeurs, etc. Mais ce que je tentais de décrire, en faisant de chaque minute une occasion pour écrire (taxi, file d’attente, métro) s’est également révélé être un piège et j’ai fini par perdre le temps, l’énergie, parfois même la soif d’écrire. J’ai eu le sentiment, et l’ai écrit, qu’après m’avoir insufflé le projet, Paris m’empêchait à présent d’écrire : j’étouffais. Souhaitant néanmoins sauver un peu de mon temps pour m’adonner à ce projet, j’ai pris congé de la capitale et multiplié les séjours en province (Allier, Haut Doubs, Vosges, Saône-et-Loire) voire à l’étranger (épisode sicilien, même si je dis combien Palerme me rappelle Paris…), où j’ai comme miraculeusement retrouvé le souffle de l’écriture et où j’ai été saisi par la force des contrastes entre l’extrême urbain (Paris) et la joie provinciale, parfois rurale, du silence, de l’espace et de la solitude, vrais luxes de l’époque. J’ai décrit ces contrastes, l’acuité avec laquelle je les ai vécus, la cruauté aussi des retours obligés dans le ventre parisien.
C’est ainsi qu’a peu à peu mûri Le clan des Franciliens, grâce à des alternances salutaires et indispensables entre le tourbillon francilien (même si j’ai tenté de rendre justice aussi à la beauté de l’Île-de-France, à l’instar du Vexin, de la Vallée de Chevreuse, du plateau de Hurepoix) et la paix retrouvée dans les profondeurs de la province. J’ai parfois éprouvé quelques réticences à croquer si durement le Parisien et la Parisienne, le Francilien et la Francilienne ; mais c’est que j’ai le recul de qui connaît les moyennes ou grandes villes de province (Lille, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand…), la campagne du Massif Central et le climat rude du Velay où je suis né et ai passé mes dix-sept premières années. Mais tant de choses m’ont heurté, choqué, alerté voire blessé dans ce que j’ai vu et vécu de la vie parisienne : l’interminable file d’attente le dimanche matin devant la boulangerie et son cortège de bourgeois, l’aigreur des passants quand c’est jour de marché, l’omniprésence de l’irrespect voi-e de l’hystérie entre voisins d’appartement ou de métro, l’obscénité et la surenchère des tenues vestimentaires !
Je tente donc d’écrire, en mesurant mes mots, le conflit permanent qui règne entre citadins, de peindre l’ambiance clanique qui domine les relations humaines et sociales et de décrire – c’est d’ailleurs sur cet aspect que commence l’ouvrage – la barbarie du comportement des avant-gardistes de la décadence. Aussi trouvera-t-on une galerie de portraits parmi lesquels figurent en bonne place le golden boy triste à pleurer, la concierge étriquée, la fleuriste fanée, le pédégé pusillanime, le chaland excité, la pépée encatinée…
Mais en toile de fond, l’analyse des excès, abcès et cancers qui rongent toutes les capitales et leurs habitants vise à étudier la compatibilité de la recherche du bonheur avec la grégarité de notre société.
Quelle place en effet, dans le vie de celui qui habite Paris, pour l’indispensable nature ? Comment retrouver l’apaisement que seul le respect de nos rythmes naturels permet d’atteindre ? Comment trouver la paix de l’âme et l’Amour dans la folle jungle urbaine ? Comment vivre avec force sa spiritualité en pleine agitation ? Où rencontrer Dieu ailleurs que dans le silence et la solitude de la foi ?
Il m’est finalement devenu impossible de vivre dans la capitale parisienne ; s’est alors fait jour un véritable appel des grands espaces, que j'ai concrétisé en partant vivre 7 mois le quotidien d'un berger andalou et qu’annoncent les premières pages du livre II, intitulé : Chroniques d’un Evadé.
L’écriture de cette seconde unité s’articule autour de l’expérience espagnole de la haute altitude et qui m'a permis de combiner deux facteurs propices à l’écriture de ce nouvel essai : mise en condition nécessaire à tout travail d’écriture (temps, silence, solitude, espace) ; mais dans le même temps, source d’inspiration pour enrichir positivement (au contraire de l’angle d’attaque pessimiste de Paris) mes réflexions sur la quête d’épanouissement.
C’est là la signification profonde de cette « évasion » en Espagne, occasion unique dans la forme et dans le fond de poursuivre mon investigation spirituelle de la modernité, de comparer mes existences francilienne et andalouse du point de vue du développement personnel et d’enrichir mon regard sur le monde, les Hommes et Dieu. Mais le séjour fut riche en surprises car j'ignorais que j'allais d'une frénésie vers une autre...
le mercredi 22 octobre 2008, à partir de 18h30.
à la librairie Lettre Ouverte,
213 rue de la Convention, à Paris
(XVe arr., Métro Convention – Ligne 12)
Cher Benjamin Chapon*,
Je n’aime pas la Fête de la Musique, annuelle masturbation de l’intelligentsia tropézienne et germanopratine, et pourtant, contrairement à ce que vous affirmez avec vigueur dans votre minable édito du 20 juin, je suis un rehausse-joie de choix ou un pisse-chaud jubilatoire, c’est selon. Mais en 23 ans, jamais je n’ai ressenti le besoin de m’inonder de décibels ou de m’aveulir au son du poignant relativisme musical qui innerve la France, depuis que Jack Lang sacrifie annuellement les chastes oreilles des preux chevaliers du Silence et des dignes esthètes des Lenteurs sur l’autel des bêlantes différences, de la grégarité émotionnelle, des brebis paritaires et autres meutes de victimes.
Après tout, oui, l’essentiel, pour qui est hanté par son vide existentiel, est de se faire exploser la panse et le foie, en martyrisant son appareil auditif de la façon la plus masochiste qui soit.
« Plongeons ensemble dans le prosélytisme de la bêtise, de la médiocrité et de l’égotisme mièvre ! », semble inlassablement répéter cette Fête, atrocement annonciatrice d’autres futiles grandiloquences, pour la fin juin et la mi-septembre… « Jouons aux léninistes en culotte courte, et insultons à l’envi tous les conchieurs de la pensée unique et du politiquement correct de notre mouvance delanoïste. », poursuit-elle, inarrêtable de mauvaise foi.
Car loin d’être le « soir du grand départ » que vous acclamez pompeusement, le 21 juin sera pour moi le « Grand départ au soir », joyeuse échappée belle sur le plateau des Cévennes, où rien ni personne ne me dérangera plus, seul endroit de France où je serai encore capable de rester calme et courtois… en tête-à-tête avec la Nature.
Florent Machabert
* Auteur de l’édito page 23, « 20Minutes » du 20.06.08
Chers lecteurs,
Chers Altiligériens,
je vous accueillerai pour une nouvelle séance de dédicaces,
ce dimanche 22 juin 2008,
en Haute-Loire,
à la Maison de la Presse d'YSSINGEAUX.
Je vous y attends nombreux...
F.M.
Jusqu'au mardi 13 mai, vous pouvez
réécouter l'interview que j'ai donnée ce jour à Michel Legris, journaliste à idFM (98.0 FM), autour des thèmes que j'aborde dans "L'Esthète des Lenteurs", publié le mois dernier aux
éditions Lettres du Monde (Préface de L. Wauquiez, Secrétaire d'Etat à l'Emploi, maire du Puy-en-Velay).
Cliquez sur le lien ci-dessous :
Chers lecteurs,
Chers Altiligériens,
je vous accueillerai pour une nouvelle séance de dédicaces,
ce samedi 12 avril 2008,
en Haute-Loire,
à la Maison de la Presse de BRIOUDE,
16 Place du Mazel.
Je vous y attends nombreux...
F.M.
Florent Machabert
a le plaisir et l’honneur de vous faire part de la sortie de son essai en décembre 2007 :
« L’esthète des lenteurs
Plaidoyer pour une France du milieu »
(préface de Laurent Wauquiez, porte-parole du Gouvernement)
aux Editions LETTRES DU MONDE (Paris)
__________
Prochainement, l’auteur vous informera :
de la date de parution de l’ouvrage
des possibilités de commande à distance
des lieux de vente en France et dans les pays francophones
de la promotion médiatique (radio, TV, presse)
des salons du livre, librairies, manifestations littéraires et politiques où il vendra et dédicacera son essai (notamment en Haute-Loire, à Paris, à Lille, à Lyon).
M. N. Rothbard
Le Professeur Philippe Nataf a confié à l’Institut Charles Coquelin, qui est spécialisé dans la publication des auteurs libéraux, la traduction française en cinq tomes de
Man, economy and state (L’homme, l’économie et l’Etat) de Murray N. Rothbard qui a voulu produire à travers cet ouvrage une vulgarisation
pédagogique du grand traité de Mises : L’Action humaine.
Après avoir étudié l’économie (classique et keynésienne) à l’Université Columbia aux USA, Rothbard, mort en 1995, figure parmi les grands économistes de l’Ecole autrichienne, fondée
en 1870 par Carl Menger et dont le premier disciple fut Böhm-Bawerk. Dès 1871, cette école de pensée économique conduit sa « révolution marginaliste », qui introduit en économie un fondement
subjectiviste à la valeur des choses. Autrement dit, aucun bien n’a de valeur en soi : il n’a que la valeur que lui attribue celui qui le choisit, c’est-à-dire que la valeur dépend d’un choix,
celui de l’acheteur, et non, comme le dit Marx, du travail nécessaire à sa fabrication et donc du coût de revient. L’ordre de trois substantifs du titre de cette œuvre monumentale de Rothbard
n’est d’ailleurs pas anodin et révèle le cœur de la pensée de l’auteur : tout en économie repose sur les choix, libres, non mécaniques, des acteurs du marché, et donc des jugements, autonomes,
des hommes. L’économie découle ensuite de cet échange entre les hommes. L’Etat, enfin, doit se contenter d’assurer la sécurité au sein de la société. L’une des idées de l’école autrichienne
consiste ainsi à décrire la production comme étant orientée, conditionnée, par les actes d’achat et de vente des acteurs, qui forment alors ce que l’on appelle le marché. C’est dans ces
conditions qu’on doit repenser la « théorie des rendements décroissants » (croissants puis décroissants en réalité) et la « théorie des prix », ou plutôt une théorie réaliste des prix, qui prend
la forme non d’un prix d’équilibre mais d’un prix qui remonte du produit fini vers le bien d’équipement intermédiaire. Et Philippe Nataf de renchérir sur quatre anecdotes. D’abord, il cite Hayek
: « Le jour où la France sera libérale, alors le monde entier le sera aussi ! ». Ensuite, il rappelle que la France renie ses racines libérales, au point que c’est Margaret Thatcher qui révèle
l’existence de Frédéric Bastiat au plus libéral des Présidents de la Vème République : Valéry Giscard d’Estaing… à une époque où Ronald Reagan cite dans le texte Hazlitt, Hayek, Friedman et
justement Rothbard. Enfin, il fait noter le progrès économique a été continu en Occident depuis la Seconde Guerre mondiale, avec une seule rupture entre 1980 et 1983 !! Pour finir, il fait noter,
tout à fait savoureusement, que Marx a cessé d’écrire sur l’économie dès qu’il a eu connaissance de la théorie de l’utilité marginale… qui s’est révélée à lui dans toute sa fulgurante mais
désavouante vérité !
En conclusion, il ne faut donc plus s’étonner de l’état de l’enseignement de l’économie dans le monde, qui résulte de la dichotomie entre gestion (qui finit par accueillir les
meilleurs économistes, dont Hayek qui eut le prix Nobel, dans les « business schools ») et économie, qui s’encroûte dans une approche idéologique, marquée par le néokeynésianisme et le
néoclassicisme. A LIRE : _de Mises : Politique économique, _de Rothbard : L’éthique de la liberté, La monnaie et le gouvernement _de R. Aron : Le marxisme de Marx qui met en garde contre ce que
les épigones de Marx, dont Staline, ont fait du marxisme ou ont faire dire au marxisme…
COMPTE-RENDU DU COURS DE M. CARLO OSSOLA DISPENSE AU COLLEGE DE FRANCE CE MARDI MATIN
Sur la base de l'Hexaméron de Saint-Ambroise, de la Cité de Dieu de Saint-Augustin et de la
Genèse (attribuée, comme on le sait, à Moïse), il est rappelé que toute re-naissance est une initiation, à la fois culturelle, religieuse et d'appartenance. La
Renaissance désigne quant à elle cet humanisme européen qui débute dans la Florence du Quattrocento, éprise de lettres classiques et de philologie (Erasme et les Evangiles), sur la base de la
méditation des pères de l'Eglise. Pour sa part, la Création évoque immanquablement la thématique de l'imitation (confer le mythe de Pygmalion, chez Ovide), c'est-à-dire la répétition du geste de
création divine. La continuité est donc forte entre les mondes greco-latin et classique. Et de même qu'on pourrait imaginer une correspondance entre Sénèque et Saint-Paul, on pourrait livrer un
commentaire chrétien des Géorgiques virgiliennes ou de l'Ars amandi ovidien. Laurent le Magnifique (qui a fondé une académie platonicienne)
meurt en 1492. Michel-Ange a déjà quitté Florence, tant il désapprouvait la politique des Médicis et se rend à Rome, où il récrit le texte biblique de la Création (un Manifeste), ce qui peut
permettre de comprendre pourquoi il n'a jamais voulu (à une incertaine exception près) réaliser d'oeuvre profane. Botticelli renoue avec la nudité féminine comme allégorie antique de la beauté
(Vénus) et non du péché, tandis que Jérôme Savonarole célèbre les prophètes de l'Ancien Testament (Ezéchiel, Zachée...). Mais l'exigence de re-naissance est plus ancienne encore, puisqu'elle
figure aux chapitres 3 et 4 de l'Evangile la plus mystérieuse et la moins "synoptique" : celle de Jean, où l'on peut lire "Il faut renaître". Les deux moyens évoqués pour mener à bien cette
renaissance sont l'Eau (c'est la symbolique du Baptême) et l'Esprit. Pourtant, il demeure une différence notoire entre catholicisme et orthodoxie/islamisme : pour le premier, le Divin engendre
l'Humain (c'est la CREATION à laquelle succède le chemin des Hommes) ; pour le second, l'Humain engendre le Divin (c'est la CONCEPTION, sous les traits de Marie enfantant le Sauveur et fêtée lors
de l'Assomption, célébration principale chez les Grecs orthodoxes). Dans le premier cas qui nous occupe ici, on rejoint la vision de W. Benjamin qui, fidèle à la tradition juive, n'identifie que
deux choses libres, id est indépendantes de la création : la Conversation, sans début ni fin, dans ce qu'elle a de totalement gratuit ; et le Miracle, prérogative divine. L'Homme se retrouve donc
damné, au coeur du paradoxe qui consiste à regarder l'Origine, mais sans se retourner puisque ceux-là seront changés en statues de sel. Il y a donc la voie du réconfort auprès du passé, pari -
perdu - d'Orphée. Et puis il y a celle qui consiste à reculer, à regarder derrière soi, pour mieux sauter (être le "novissimus"), c'est-à-dire aller plus haut, plus loin : c'est là la thèse de
l'Apocalypse (la Révélation). "In principio erat verbum" invite à la poésie, là où "en arké logos" est un appel à la philosophie. Mais c'est la même idée qu'on retrouve chez Jean, VIII, 25 : " Je
suis le commencement qui vous parle (à foison). " De même, "in principio, fecit...." indique bien, comme la précision rhétorique de Saint-Ambroise l'indique, une action parfaite, accomplie.
Ambroise préfére même au "logos" le "kosmos", i.e. à la fois l'ordre de la beauté et la beauté de l'ordre, secret de la création. Car pour lui, contrairement à Aristote, le monde a bel et bien un
début et une fin : en cela Ambroise n'est ni tout à fait créationniste, ni matérialiste. Il énonce plutôt une mystique, véritablement mystère annonciateur de son propre accomplissement. Car tout
fondement est accomplissement ; sinon, c'est qu'il est un soubassement. " Il faut vivre au sommet du possible". Voilà une belle formule de Saint-Augustin, disciple de Saint-Ambroise, qui sonne
toutefois... très aristotélicien !!
Il y a 1 gourmet(s) qui casse-croûtent ici, en ce moment même (tandis que 11195 gourmand(s) picorent ici et là sur over-blog)...