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" Tu ne seras aimé que lorsque tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force. " 

Cesare Pavese

 

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Critique artistique

Vendredi 13 mai 2005
TchatcheBlog: Concert
Voyez-vous, le concerto pour trompette de Thierry Escaich, Résurgences, est à la confluence de Bernard Herrmann - le compositeur attitré d'Alfred Hitchcock, de l'inégalable René Aubry (dans ses Plaisirs d'amour par exemple) et d'Ennio Morricone.

A découvrir d'urgence.

Au même titre que Les planètes de Gustav Holst.
Par MACHABERT
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Vendredi 13 mai 2005
TchatcheBlog: Ultimo bacio (2001)
Bon film italien, dans la veine de Le fate ignoranti et de Non ti muovere.

Histoire trépidante de huit couples à la dérive : certains ont la trentaine, avec cette peur de grandir, de mûrir et d'assumer de nouvelles responsabiltés (la paternité, le mariage...) ; les autres ont la cinquantaine et ont chevillée au corps la peur de vieillir.

Mais chez tous on lit l'impérieux désir de donner un sens à son existence et surtout l'envie de vibrer, cette soif de liberté qui nous invite à faire en sorte que rien ne reste en souffrance et qu'au moment de mourir, on se retourne avec fierté sur l'oeuvre de notre vie.

Il fait partie de ces films transversaux qui abordent, sur un rythme effréné mais radouci par l'excellent environnement musical, amour, mort, jeunesse, vieillesse, liberté, prison dorée.
 
Il paraît de toute façon que l'on commmence à vieillir dès lors que l'on regrette le passé. C'est là en tout cas le signe que nous n'avons plus de projet. 

Ce dernier baiser, c'est celui qui précède les grands chantiers du couple et du mariage.

En attendant, profitons de tous les premiers...
Par MACHABERT
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Vendredi 13 mai 2005
TchatcheBlog: A lire ou à relire, Le Guépard, Giuseppe Tommasi di Lampedusa (1958)

« Le sommeil, voilà ce que veulent les Siciliens, et ils haïront toujours celui qui voudra les réveiller, fût-ce pour leur apporter les plus beaux cadeaux. [...] Toutes les manifestations siciliennes sont des manifestations oniriques, même les plus violentes : notre sensualité - c’est le désir de l’oubli ; [...] notre paresse - le désir d’une immobilité voluptueuse . »

           

            L’histoire se déroule en Sicile, de mai 1860 à mai 1910. Garibaldi, artisan de l’unité italienne, vient de débarquer à Marsala. La bourgeoisie, archétype de l’opportunisme, en profite alors pour écarter aveuglément la puissante et dominatrice aristocratie bourbonienne.  C’est sur cette instable toile de fond, que se tissent les rapports entre le prince Salina, le Gattopardo rampante, richissime astronome propriétaire de deux palais et régnant sur la patrie sicilienne - jusque-là fidèle aux Bourbons - et son neveu Tancrède, dont le pragmatisme fait de lui tantôt un dévoué sujet de Sa Majesté, tantôt l’homme fort du Risorgimento dont il sanctionne l’avènement, en épousant Angélique Sedara, fille d’un parvenu. Le contexte enclin de pessimisme dans lequel baigne ce grand roman de fin, empreint de symbolisme et de force historiques, dénonce violemment, dans un style lyrique et puissant, l’immobilisme d’une société consciente de son déclin.

Par MACHABERT
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Vendredi 13 mai 2005
TchatcheBlog: Etrange destin que celui de Sappho

   Poétesse grecque, Sappho, ou plus exactement en éolien Psapphô ou Psapphâ, appartenait à une famille noble de Mytilène, dans l’île de Lesbos. Son père s’appelait Scamandronyme, et son frère Charoxus. Bannie vers -600, elle fut exilée en Sicile puis revint au pays natal pour y finir ses jours. Ovide, dans les Héroïdes, la dépeint « petite et noire », tandis qu’Alcée, qui peut-être l’aima, évoque « une pure Sappho, aux tresses de violettes, au sourire de miel ». Elle dirige aussi une sorte de confrérie religieuse où les jeunes filles nobles, destinées à participer aux cérémonies des cultes locaux apprennent le chant, la danse, le jeu de la lyre et lisent les poètes. Son mariage avec Cercolas ou Cercylas est une invention des poètes comiques athéniens : en fait, il semble qu’elle ne se soit pas mariée. De même paraît légendaire son amour malheureux pour Phaon, pour qui elle se serait jetée à la mer du haut du rocher de Leucade. Malgré l’opinion de nombreux critiques qui ont plaidé pour sa « vertu », il est indéniable que les poèmes d’amour de Sappho sont adressés à des femmes.

            Sappho marque l’apogée du lyrisme des littoraux d’Asie et des îles voisines. Malheureusement, le texte seul ne peut donner la dimension exacte de ce mode d’expression : les strophes étaient chantées avec accompagnement d’un instrument à cordes.

            Selon Suidas, les Anciens connaissaient d’elle neuf livres de poèmes lyriques comprenant des élégies, des épigrammes, des iambes, des monodies,  et un livre entier d’Epithalames (ou chants nuptiaux). Mais les fragments qui nous restent sont souvent très courts. Les poèmes les mieux conservés sont des odes A Aphrodite, A l’Absente, A une aimée, ainsi que Les Adieux ; quelques autres (Nocturnes, Confidences, Jeunes Filles), dont les fragments sont assez longs, ont gardé leur charme.

            La poésie de Sappho est celle de la passion brûlante : l’amour est évoqué au milieu des parfums, dans les cheveux et les guirlandes, les larmes et les rires, les fruits et les fleurs, la lune et le soleil. Aucun engagement politique ne se manifeste : Sappho a vécu pour l’amour et pour la poésie, dont elle affirme le prestige et l’immortalité. Sa langue est le dialecte éolien, sa versification est souple et harmonieuse (utilisation de brèves strophes dites « saphiques », et accompagnées du baritos, sorte de lyre).

            La gloire de Sappho fut grande durant toute l’Antiquité. Platon l’appelle la Dixième Muse. Stobée raconte que le grave Solon, ayant entendu réciter ses vers, jura de les apprendre par cœur avant de mourir, signe de la sublime beauté poétique de Sappho.

Par MACHABERT
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Vendredi 13 mai 2005
TchatcheBlog: L'esquive
Il mérite son César du Meilleur Film. Plutôt deux fois qu'une.

On en ressort comme neuf, avec un regard nouveau sur ceux qu'on veut bien nous présenter comme des délinquants perpétuels.

La scène de police jure un peu avec l'ensemble de ce film coup-de-poing, magistral.

Entre autres ingénieuses merveilles de ce film, je retiens que dans Le jeu de l'amour et du hasard, il n'y a ni amour (aimer, c'est aimer un être, entier, pas un compte en banque), ni hasard (puisque les riches épousent les riches, les pauvres les pauvres).

Et puis ce film est lui-même un marivaudage de haut vol : toutes les étapes du sentiment amoureux y passent, maladresses, haine, jalousie, baiser, rupture, pleurs.

On rit.
On pleure.

Et puis, bravo à Aurélie Ganito. Entière. 
Par MACHABERT
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Samedi 14 mai 2005
TchatcheBlog: A voir court-métrage : Dans l'ombre, avec Anne Coesens
Léone (30 ans), est une jeune femme infirme et esseulée, qui survit dans l'ombre... Dans l'ombre de son handicap, de sa jambe et de son pied déformés par la polio... Dans l'ombre des "gens normaux" qui ne la voient que par curiosité ou pour se rassurer sur "leur chance"...
Dans l'ombre des bonsaïs, de ces arbres miniatures et tortueux qu'elle affectionne et dont le grand nombre en dit long sur sa solitude... Dans l'ombre de sa petite maison ouvrière dont elle se sert comme observatoire sur le monde extérieur, et tout particulièrement pour espionner les faits et gestes de son voisin Andréas (37 ans), un mathématicien chercheur au tempérament écorché vif et grand amateur de chairs estudiantines. Dans l'ombre de sa propre tragédie : le désir fou qu'elle éprouve pour cet homme inaccessible...
Léone sait qu'elle doit agir, elle provoque un accident dont elle est la victime et Andréas, "le coupable"... Elle va utiliser la culpabilité de cet homme pour l'attirer à elle...
Par MACHABERT
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Samedi 14 mai 2005
TchatcheBlog: Controverse
On reparle beaucoup en ce moment d'une figure controversée de la pensée française du XXe s.
Celle de Jean-Paul Sartre.
 
De sa philosophie, personnellement, je retiens quatre idées :

Celle, d'abord, selon laquelle on ne se reconnaît plus dans les conséquences de l'exercice en acte de sa liberté.

Celle, ensuite, que nous donne le grand professeur de liberté : on n'est pas serf de sa racine, ni esclave d'une condition.

Celle, surtout, que nous donne le grand professeur d'Histoire : le premier des totalitarismes est celui de l'Histoire et du sens qu'elle semble vouloir imposer. Le second, celui des collaborateurs, celui de tous ceux qui marchent dans le pas des vainqueurs.

Celle, enfin, selon laquelle l'important n'est pas ce qu'on a fait de nous mais ce que nous faisons de nous-mêmes.  
Par MACHABERT
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Samedi 14 mai 2005
TchatcheBlog: Million dollar baby
Je viens d'aller voir ce film.

Splendeur. Sobriété. Intensité.

Comment rester insensible ? Impossible, ridicule d'ailleurs serait de ne pas se laisser peu à peu (et seulement peu à peu, car le lever de rideau est lent, mais c'est bien comme ça) submerger par l'émotion.

En voyant cette production clinteaswoodienne, je me dis : "c'est aussi ça l'amour". Si vous l'avez vu, vous comprenez sûrement ce que j'entends par là. Sinon, filez le voir. Même (surtout !) si vous n'aimez pas la boxe.

Et puis c'est du cinéma qui vous rend humble face à la vie et qui vous donne envie d'être à sa hauteur.

D'où une idée qui m'est venue ce soir, en rentrant, les yeux encore humides, seul, dans les rues de Lille. Une sorte de patron (au sens couturier du terme) de l'existence.

J'ai le sentiment que les trois règles du jeu de la vie seraient :
- nous avons tous le même chemin à parcourir.
- nous ne tirons pas tous le même lot, chaque lot correspond à la hauteur de la marche dont on part ; cette hauteur symbolise notre degré d'exigence face à la Vie.
- nous avons tous le vertige.

Tirez en les conclusions qui s'imposent... Ca me paraît lumineux comme modèle.
Par MACHABERT
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Samedi 14 mai 2005
TchatcheBlog: Cinéma

Ce n'est pas un chef-d'oeuvre.
Le casting n'est pas mythique.
Le scénario est plutôt ordinaire.

Et pourtant...

La trajectoire sentimentale de chacun des personnages est touchante.

Les scènes sont autant d'éclats et d'éclairs.

Les scènes sont toutes très troublantes.


Mais surtout, surtout, en regardant ce film, on se sent extraordinairement et profondément vivants.

Sautet aurait aimé.
Par MACHABERT
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Vendredi 20 mai 2005

 

 

Songwriting à l’inspiration vagabonde, entre pudeur et abandon lyrique, Barbara Carlotti dévoile au fil de ses chansons douces-amères le champ contre-champ de l’amour absolu, les belles imprudences et les égratignures du cœur. Cette blonde ombrageuse assume avec élégance et d’une voix sans apprêt, la sobriété classique et les gimmicks rutilants de la pop.

“L’univers de Barbara se promène du côté des années 60, un ton qui tient à la fois de Léonard Cohen et de Nico, de Joni Mitchell ou de Françoise Hardy, des étoiles solitaires qui chantent l’amour sur le ton de la mélancolie et ne se situent dans aucun courant.”
Olivier Bailly, La Scène - Juin 2004.

Pour écouter Cannes
©Barbara Carlotti

Sur la croisette, Nicole Croisille
lance un grand rire de pacotille
Que de belles filles !
15 jours à Cannes
Tout est possible !

Dans les coulisses du festival
pénétré d’un vent de scandale
le regard d’Elodie Bouchez
tu sais que tout peut arriver.

À la buanderie du Martinez
tu ne te sens pas très à l’aise
tu viens juste de rencontrer
David Lynch très mal coiffé

Le sable fin et les palmiers
Catherine Deneuve 30 ans passé
depuis longtemps...
Faye Dunaway en bikini
avec ton meilleur ami...

Où sont donc passées les starlettes
qui sont ces salopes en goguette?
le malheur sur la côte-d’azur
c’est que jamais rien ne dure

Un sosie de Juliette greco
hante cette année le Négresco
c’est un jeune dandy décadent
qui aime les cocktails au rhum blanc

Dans une voiture décapotable
dans ton beau costume estival
à l’aise dans la démesure
as-tu trouvé l’amour ?

Au bras d’Isabelle Adjani
tu toises la foule et tu souris
Quelle belle démarche!
Tu viens de monter les grandes marches...

15 jours à Cannes
Tout est possible !

15 jours à Cannes
Tout est possible !

15 jours à Cannes
Tout est possible !

Par MACHABERT
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