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Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.

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Engagement politique et combats intellectuels.

                         

Un mot, ici et maintenant, de deux engagés politiques, intellectuels de notre époque, souvent décriés pour leur style, et qui, pourtant, ont toujours ferraillé contre les démons du XXème siècle dans le monde et ceux de la Vème République en France : Bernard-Henri Lévy et Dominique de Villepin.
Ils sont en effet de ces hommes dont le brio agace, dont les qualités exaspèrent et suscitent le ressentiment de leurs détracteurs. Ce qui compte pourtant, c’est l’engagement, c’est leur capacité d’indignation, intacts au fil du temps, jamais corrodés par leurs fréquentes apparitions médiatiques. C’est aussi la noblesse des combats. C’est la sueur, le sang, qu’on retrouve sur leur visage quand ils se battent vaillamment dans l’arène. Et pourtant, s’ils continuent à déranger, dans un pays qui excelle dans l’art absurde et inique de couper les têtes qui dépassent, c’est qu’ils font de l’ombre et exacerbent les rivalités d’intelligence entre hommes, bêtes politiques ou fauves intellectuels, comme il en va des querelles de beauté entre femmes. Mais ces luttes puériles n’honorent ni les premiers, ni les secondes.
Comment peut-on échapper, en ce moment, aux avalanches médiatiques de ces deux hommes, qui, en marge de la promotion de leur livre respectif, viennent secouer la France et réveiller les Français ? Et si j’admire les deux, c’est pour le panache de leur liberté et la modernité réformatrice ou libérale de leur pensée. Mais c’est également qu’ils portent en eux les germes d’une pensée-action et d’un œil qui sait se faire main pour livrer, éclairés, les justes combats.
De Matignon ou du Darfour, du Quai d’Orsay ou de Bosnie, de Beauvau ou du Burundi, de l’ONU ou du Pakistan, la force de la pensée se met au service de l’action, le révolver des mots vient faire bouger les lignes, la puissance de conviction catalyse les ardeurs pour que demain s’améliore.
Alors je veux redire ici le rôle salvateur du citoyen Villepin, lorsqu’il dénonce l’esprit de cour (depuis 2002) et se veut le chef des propositions, voire de l’opposition tant le PS est occupé à d’autres tâches, pour aiguiller, conseiller et accompagner l’actuelle politique de la Nation ; lorsqu’il se bat contre la meute qui l’a jeté en pâture à la justice de son pays ; et lorsqu’il met en garde le chef de l’Etat contre la politique des hochets et contre celle du miroir.
Mais aussi celui de Lévy, dont la voix résonne depuis trente ans, contre l’antilibéralisme qui confond marché et contrat ; contre le jacobinisme et le souverainisme qui font fi des acquis de la construction européenne (démocratie, paix, prospérité) ; contre l’antiaméricanisme primaire, si consensuel au sein de la gauche et de la droite conservatrice françaises ; contre l’antisémitisme sournois, qui menace toujours de refaire surface ; contre ce qu’il nomme le « fascislamisme », né d’un escamotage du Coran ; contre le relativisme et le nihilisme post-modernes ; pour l’universalité des droits de l’Homme qui n’autorise absolument aucun néocolonialisme.
         Alors je suis aujourd’hui l’un et l’autre dans leur circonspection contre les tests ADN et leur critique de la plume fêlée d’Henri Guaino.
Pas assez encadrés juridiquement, éthiquement litigieux, point de détail du projet Hortefeux, ces tests ouvrent une brèche dans la définition de la filiation que donne le Code Civil : car que répondra-t-on à une mère voulant rejoindre son fils adoptif et dont le pays d’origine ne peut produire de certificat d’adoption ? En outre, ces tests n’interrogent pas le bien-fondé du regroupement familial.
Quant au gaulliste sentimental de l’Elysée, écrire (et donc faire dire à Nicolas Sarkozy) qu’il n’y a de place dans la société africaine ni pour le progrès, ni pour l’aventure humaine, n’est-ce pas injurieux ? Qu’est-ce donc pour lui que les cicatrices de la colonisation ? Un legs de quelques de kilomètres de voie ferrée ou bien l’asservissement d’un peuple à la loi d’un autre peuple ? Qu’est-ce donc pour M. Guaino que ces vers de Senghor : Comme un buffle humant, dans le vent / Et la douceur modulée de la flûte polie, / La bonne odeur de l'eau sous les dakhars / Et celle, plus riche de promesses, des moissons mûres / Par les rizières ? Et pour toute réponse à BHL, il sort d’une réserve élyséenne vieille d’au moins un demi-siècle pour proférer quelques horreurs indignes de sa fonction…
         Mais c’est vrai qu’il existe encore des personnes qui préférent l’injustice au désordre, comme il est vrai qu'il demeure un certain maurrassisme latent, arquebouté sur l’étatisme pillard, le nationalisme fétide et le néocolonialisme amnésique.
Et ce sont pourtant les mêmes, passeurs et voyants, honnêtes et rebelles, voleurs de feu et gardiens du temple des libertés, qu’on veut toujours dézinguer !
         Comme en son temps Herzl qui prophétisa à la fin du XIXème siècle que « ceux qui commencent par brûler des livres finiront par brûler des hommes », il existe encore aujourd’hui des visionnaires, tel Villepin promettant à Nicolas Sarkozy le « soleil noir » de la chute promise à Bonaparte ; tel Lévy montrant du doigt la résurgence à droite d’une certaine tradition anti-intellectuels.  
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