Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
Cher Benjamin Chapon*,
Je n’aime pas la Fête de la Musique, annuelle masturbation de l’intelligentsia tropézienne et germanopratine, et pourtant, contrairement à ce que vous affirmez avec vigueur dans votre minable édito du 20 juin, je suis un rehausse-joie de choix ou un pisse-chaud jubilatoire, c’est selon. Mais en 23 ans, jamais je n’ai ressenti le besoin de m’inonder de décibels ou de m’aveulir au son du poignant relativisme musical qui innerve la France, depuis que Jack Lang sacrifie annuellement les chastes oreilles des preux chevaliers du Silence et des dignes esthètes des Lenteurs sur l’autel des bêlantes différences, de la grégarité émotionnelle, des brebis paritaires et autres meutes de victimes.
Après tout, oui, l’essentiel, pour qui est hanté par son vide existentiel, est de se faire exploser la panse et le foie, en martyrisant son appareil auditif de la façon la plus masochiste qui soit.
« Plongeons ensemble dans le prosélytisme de la bêtise, de la médiocrité et de l’égotisme mièvre ! », semble inlassablement répéter cette Fête, atrocement annonciatrice d’autres futiles grandiloquences, pour la fin juin et la mi-septembre… « Jouons aux léninistes en culotte courte, et insultons à l’envi tous les conchieurs de la pensée unique et du politiquement correct de notre mouvance delanoïste. », poursuit-elle, inarrêtable de mauvaise foi.
Car loin d’être le « soir du grand départ » que vous acclamez pompeusement, le 21 juin sera pour moi le « Grand départ au soir », joyeuse échappée belle sur le plateau des Cévennes, où rien ni personne ne me dérangera plus, seul endroit de France où je serai encore capable de rester calme et courtois… en tête-à-tête avec la Nature.
Florent Machabert
* Auteur de l’édito page 23, « 20Minutes » du 20.06.08