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Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.

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Juddi Krishnamurti

TchatcheBlog: Juddi Kishnamurti
 

Le silence, ce n'est pas la cessation du bruit; le silence, ce n'est pas l'arrêt du vacarme incessant de l'esprit et du coeur : ce n'est pas le produit ni le résultat du désir, pas plus qu'un effet de la volonté.
La conscience, dans sa globalité, est un mouvement incessant et bruyant, évoluant dans des limites qu'elle s'impose elle-même. Dans ce cadre-là, tout silence ou immobilité est la cessation momentanée du bavardage, mais c'est un silence touché par le temps.
Le temps, c'est la mémoire, et pour cette dernière, le silence est de plus ou moins longue durée; le temps et la mémoire peuvent le mesurer, lui offrir un espace, lui donner une continuité - il devient alors un jouet de plus. Mais le silence, ce n'est pas cela.
Tout ce qui est élaboré par la pensée reste du domaine du bruit, et la pensée ne peut absolument pas faire silence. Elle peut se forger une image du silence et s'y conformer, la vénérer, comme elle fait pour tant d'autres images de sa fabrication. Ayant fait du silence une formule, elle le nie par là-même; les symboles qu'elle élabore sont la négation même de la réalité. Pour que soit le silence, la pensée elle-même doit être immobile et silencieuse. Le silence, à l'opposé de la pensée, est toujours neuf. La pensée, étant toujours vieille, ne peut en aucun cas pénétrer le silence, qui est toujours neuf. Ce qui est neuf devient vieux dès que la pensée le touche.

C'est en puisant aux sources de ce silence qu'il faut regarder et parler. L'anonymat véritable est issu du silence; nulle autre humilité n'existe. Les vaniteux seront toujours des vaniteux, même s'ils se drapent dans l'humilité, ce qui fait d'eux des êtres durs et cassants. Jailli de ce silence, le mot amour prend un tout autre sens. Ce silence ne se situe pas quelque part : il se trouve quand le bruit de l'observateur s'est tu.


Ce qui est - c'est-à-dire le fait - n'a nul besoin de croyances, de conclusions qui empêchent de voir ce qui est. Le fait est beaucoup plus important que les conclusions que l'on tire de lui.
L'acte de tirer des conclusions est totalement différent de l'action liée à ce qui est. Cette action-là est porteuse de liberté, alors que la première nous soumet au joug du temps.

La beauté n'existe que lorsque l'oeil n'est pas contaminé par la pensée, car la beauté est l'essence même de la non-pensée. La beauté n'est pas une sensation, un plaisir. La beauté, comme l'amour, est l'abandon total du centre, de l'ego.
La beauté est inséparable de l'amour et de la mort. Qui en elle sont contenus


Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s'ils ont vécu des milliers d'expériences. Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l'esprit, mais les traces qu'elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s'accumulent, s'entassent les uns sur les autres, c'est alors que commence la souffrance.
Cette souffrance, c'est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l'innocence.
La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c'est l'expérience, l'expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n'oblige à les laisser s'enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c'est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné.
Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l'eau scintillante dans le soleil. Sans passion, point d'amour.

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