Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
C'est en puisant aux sources de ce silence qu'il faut regarder et parler. L'anonymat véritable est issu du silence; nulle autre humilité n'existe. Les vaniteux seront toujours des vaniteux, même s'ils se drapent dans l'humilité, ce qui fait d'eux des êtres durs et cassants. Jailli de ce silence, le mot amour prend un tout autre sens. Ce silence ne se situe pas quelque part : il se trouve quand le bruit de l'observateur s'est tu.
Ce qui est - c'est-à-dire le fait - n'a nul besoin de croyances, de conclusions qui empêchent de voir ce qui est. Le fait est beaucoup plus important que les conclusions que l'on tire de lui.
L'acte de tirer des conclusions est totalement différent de l'action liée à ce qui est. Cette action-là est porteuse de liberté, alors que la première nous soumet au joug du temps.
La beauté n'existe que lorsque l'oeil n'est pas contaminé par la pensée, car la beauté est l'essence même de la non-pensée. La beauté n'est pas une sensation, un plaisir. La beauté, comme l'amour, est l'abandon total du centre, de l'ego.
La beauté est inséparable de l'amour et de la mort. Qui en elle sont contenus
Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s'ils ont vécu des milliers d'expériences. Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l'esprit, mais les traces qu'elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s'accumulent, s'entassent les uns sur les autres, c'est alors que commence la souffrance.
Cette souffrance, c'est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l'innocence.
La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c'est l'expérience, l'expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n'oblige à les laisser s'enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c'est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné.
Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l'eau scintillante dans le soleil. Sans passion, point d'amour.