Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
Ce lieutenant de Jacques Chirac, ancien secrétaire général du Palais présidentiel, semble être le seul à pouvoir redonner à notre pays, en ces heures difficiles, son rayonnement, sa grandeur, et un peu de panache. Chantre de la position pacifique contre la guerre en Irak à l'ONU, il a toutefois le défaut de ne s'être jamais frotté à l'onction du suffrage universel, talon d'Achille monumental au lendemain de ce mai 68 par les urnes.
Courageuse, ambitieuse, performante au Ministère de la Défense, cette fidèle amie du Chef de l'Etat, sérieuse et méritante, pourrait bien se voir confier la tâche immense d'incarner le renouveau (au féminin !) de la politique en France, et de lui donner la discrète distinction qui lui va si bien.
Il est la personnalité politique la plus appréciée à droite et au centre. Il parle changement et se verrait bien incarner une rupture nette, qui plus est sous l'égide du Président de la République. Ses plans pour 2007 s'en retrouveraient bousculés, mais la France mérite mieux que tous les calculs politiciens. Le challenger de Jacques Chirac a d'ailleurs pris date pour la Rue de Varenne dès son allocution d'hier soir.
Caution sociale des gouvernements Raffarin successifs, l'ancien avocat de Bernard Tapie pourrait lui aussi représenter le visage solidaire du tournant politique qui doit survenir après le tremblement de terre d'hier. Il est d'ailleurs le père du Pacte de Cohésion Sociale que lui a réclamé le Chef de l'Etat pour tenter de réduire la fracture sociale et rapprocher le peuple de ses élites par la promotion d'une certaine forme de volontarisme républicain teinté d'un sens aigü de l'équité, plus que de l'égalité-égalitarisme démagauchiste.
Quel que soit le prochain locataire de l'Hôtel Matignon, je voudrai rendre hommage au courage, à la lucidité et à la ténacité extraordinaires de Monsieur Raffarin et souhaiter bonne route à son successeur.