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Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.

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L'hapax du noyer pisan

Il arrive que la marie-louise finisse par faire la tableau. Etre libre, c’est vouloir ce que l’on peut, respecter les règles du jeu que nous nous sommes fixées et avec lesquelles nous ne saurions tricher. Mais dans cette liberté, nous sommes aussi libres d’en changer. Pour à nouveau se respecter. Sur la toile, les valeurs sont bel et bien là, intactes, précieuses, vivantes ; elles guident le regard sur la ligne de fuite, nous font nous tenir droit et debout dans nos bottes, le regard loin vers l‘horizon, pliant sous la tempête, mais sans rompre jamais. Les valeurs s’y nourrissent des couleurs. Vie d’ombres et de lumières, entre gouffres et sommets, de vague en vague. Combler. Epancher. Quel autre choix que celui de suivre la marche du monde ? L’accompagner, l’observer, reculer, trébucher, boîter et remboîter le pas. Provoquer aujourd’hui, en cavalier seul sur sa monture, en loup solitaire dans l’épaisse forêt ; rassembler après-demain, car il faut des bergers. Qui eux-mêmes ont leur étoile, vers laquelle ils marchent, encore et encore, au rythme du temps, en laissant venir chaque chose, sans précipiter leur cours.
* * *
Entre les berges du fleuve, les artistes font le grand écart, angoissés qu’ils sont de ressembler aux autres. L’art poignarde l’ultramatérialisme. Le sang coule et roule et trace de son soc impertinent la sente du tragique. Rien n’est sérieux. Pas un grain de sable n’enraye l’inexorable. Seule certitude. C’est déjà ça. Alors, follement, on conqui-erre. Morale ? Nulle part ailleurs qu’en nous. Intérieure et personnelle. Libérée du connu.
* * *
Putain les femmes. Une datte tombe du noyer. Concrétude, volonté, nécessité. Rideau. Alors la mèche prend le sens du vent. L’élégance le requinque. La santé le perméabilise. Il est un monde pour lui. Enfin ! Un monde pour elles, donc, aussi. A deux pour être vraiment seuls. Réfugiés en cette terre où dorment ceux qui s’aiment. Piliers du même temple, tonneaux de la même taverne. Chêne et cyprès. Tornade ? Jamais. La sérénité est vénitienne, la paix romaine, la joie napolitaine. Dolce vita ? Toujours. Maddalena, lèvres pulpeuses. Sylvia, cheveux ondoyants. « Marcello ! Come here… ». Que crève celui qui ne rejoint pas la fontaine.  Parfois il faut à la matière tuer l’idée. Sa peau fertile et le privilège de la folie. Légère. Franche. Vaporeuse. Sensible. Noircir la chair. Un regard. Guérir d’incomplétude. La haine du plat. L’obsession du sillon, du galbe et de la forme ; le soulagement du relief. Et puis tout ce silence. Intense. Réconcilié avec une âme, orpheline de volupté, veuve de suavité, momentanément divorcée du plaisir. Oui momentanément ! Mais ma planète est immense, il y pousse tant de fleurs, comment faire pour me consacrer à chacune à la fois ? Combien de Carmens, d’Impératices et de Scarlett ?
* * *
Il se trompe. Il est libre. Il est dans le vrai. Il crache sur le néant, il épouse l’être. Le vide l’épouvante. Alors la chair. Alors le sang. Alors la terre. Pharmacopée improbable. Il a le vertige. C’est le champ des possibles. C’est l’optimisme, l’insoumission vulnérable s’émerveillant du quotidien. Une liberté qui prend corps. Une parturition somatisée. Rien que ça. Il sait comme il regarde avec folie les gens raisonnables qui le croient leur. Mais sortir de la route, c’est trouver le chemin. Ce chemin qui ne mène pas vers, qui est. Le bonheur. Que la Raison ne produise d’ordre que lorsque le corps a fourni le matériau et mis la chair en demeure de résoudre les tensions qui l’habitent. La porte s’ouvre. Les verrous sautent. Les entraves ont disparu. Surprendre, cheminer, jouir. Jamais Emma Bovary n’eût pu être italienne.
 F.M.
 
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N
Etre libre et heureux, est-ce possible d'être les deux à la fois? suivre le chemin qui mène au bonheur peut parfois s'avérer périlleux... joliment écrit ces textes...
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