Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
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Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais on ne demande pas non plus à tous les films d'être des oeuvres d'art. C'est toutefois un très bon long-métrage, dont la devise pourrait être la fameuse phrase de Malraux, reprise depuis par Souchon : "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie...", tant le bonheur parvient dans ce film à faire voler en éclats la misère et les souffrances causées par la guerre qui est plus qu'une toile de fond, puisque le fils de Luka, Milos, est mobilisé...
D'abord, l'humour est décapant : prendre au pied de la lettre "un rail de coke", cela ne fait pas peur à Kusturica, qui met en scène des marginaux déjantés en train de sniffer la poudre que des filles de joie sont en train de répandre délicatement le long des rails de la voie de chemin de fer que construit Luka !
Ensuite, l'émotion est omniprésente, comme lorsque l'on voit une colombe posée à l'extrémité du canon d'un char d'assaut qui part sur le front ; ou lors des épisodes où un âne amoureux pleure sa bienaimée et veut en finir en restant sur les rails... La philosophie sous-jacente éclate d'ailleurs au grand jour lorsque Luka court après son fils qui part à la guerre et vient de faire tomber son portefeuille : Milos lui répond que "La vitesse et le sentiment, c'est ça l'équation de la vie ; et tout se résout dans la lumière..."
Enfin, j'ai été touché par la sensualité particulière de ce film : Kusturica parvient à nous plonger 150min durant dans l'univers noir d'une Bosnie en guerre, guerre rythmée par les chants traditionnels yougoslaves qui alternent avec la Joie immense qui se dégage de certaines scènes d'amour, d'une rare puissance : la liberté d'aimer lorsque Luka et Sabaha roulent dans l'herbe jusqu'à la botte de foin et le remake de la plus célèbre scène de la Dolce Vita (celle de la fontaine), mais Mastroianni, c'est Slavko Stimac, et la pulpeuse Anita Ekberg est jouée par la non moins plantureuse Natasa Solak... En plus, dans cette version là, ils mangent une pastèque ! !