Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.

Comment pouvait-on réussir l'adaptation cinématographique du Da Vinci Code ? Je crois qu'on ne pouvait pas. En tout cas, comme tous les lecteurs du très bon policier - et non du document historique - de Dan Brown, je me suis ennuyé devant ce film, qui traîne en longueur et s'attarde sur des scènes inutiles, fade au possible, inconsistant même parfois, avec un Jean Reno mauvais, qui fait en tout et pour tout trois ou quatre apparitions et une Audrey Tautou qui ne porte pas l'histoire et n'apporte pas son supplément d'âme comme elle l'avait fait dans son rôle d'Amélie Poulain. Seul lumière au tableau : le personnage de Silas, joué à la perfection par l'ange blond déchu qu'est Paul Bettany aussi bon que dans Lord of the Rings.
Je ne critiquerai par contre pas les inexactitudes historiques, qui font un peu partie de la règle du jeu. On rit, quand on lit ou voit que le Prieuré de Sion, créé au XXe siècle, se voit attribruer la paternité des Templiers. On rit, un peu agacé quand même, quand dure sur plusieurs pages et plusieurs minutes l'épisode où l'on nous explique que c'est Marie-Madeleine qui trône à droite du Christ dans la Cène, alors qu'on sait qu'il s'agit de l'Apôtre Jean, peint sous les traits d'un jeune éphèbe blondinet, qu'appréciait Leonardo Da Vinci dont on connaît l'orientation homosexuelle (Cf. La Monna Lisa, autoportrait féminin de Da Vinci).
Bref, un énorme hamburger, fidèle au plat original, mais qui se prendrait pour de la gastronomie...
Rien à voir avec l'excellent film visionnaire et éminemment politique signé par les frères Matrix : V pour Vendetta, au scénario dérangeant, servi à la perfection par une Nathalie Portman éblouissante et bouleversante. D'une certaine façon, ce long-métrage raconte et perpétue au XXIeme siècle le combat que n'ont cessé de se livrer totalitarismes et Démocratie. Mais l'on voit aussi poindre la tentation d'une barbarie triomphante qui prendrait les traits de l'anarchie, de la dictature de la rue (sinon quel sens donner à la destruction du Parlement ?) et d'un josébovisme délétère.
Déroutant.