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Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.

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Le Beau

L’art apparaît comme création de l’être sensible fini. L’œuvre semble avoir cette fonction noble de donner à son auteur une image fidèle de lui-même. Il est ce qu’il crée et crée ce qu’il est, si l’on suit le concept sartrien de l’existentialisme. Mais il crée aussi par ce qu’il est et parce qu’il est. C’est sa conscience qui lui confère cette possibilité de créer, sa conscience de lui-même. L’art - et donc l’œuvre d’art - apparaît comme le fruit, le produit, le miroir de cette conscience ontologique dont dispose l’homme. Désir conscient, l’homme aspire au bonheur ; conscient de lui-même, l’homme semble avoir recours à l’art pour contempler sa façon d’être : il se voit en ce qu’il fait. Dès lors, l’art dépasse sa seule acception classique pour atteindre son sens et sa valeur modernes : l’art n’est pas purement et strictement esthétique, l’art n’est pas la beauté, l’art est une représentation du réel, et notamment du réel de l’auteur. Si ce réel est esthétique, tant mieux ; s’il ne l’est pas, tant pis. L’acception moderne de l’art n’annule pas le sens classique mais le prolonge, le transcende, le complète en le prenant en compte, mais en lui ajoutant cette éventualité de non-beauté, pour ne pas dire de laideur, et par delà tout clivage de subjectivité préexistant. L’art apparaît également comme une façon - pour l’Homme - de s’approprier le réel, son corps par exemple. Hegel revêt de ce rôle le tatouage : le tatouage traduit ainsi pour lui la volonté de l’Homme de ne pas laisser la nature telle qu’elle est. Il la fait à son image et ôte à Dieu ce qui avait jusqu'à présent été son privilège.  

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