Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
Depuis la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun, j'écoute, je m'informe, je m'interroge.
Et pour en avoir discuté avec des amis ou des proches, de tout âge, je trouve et cette libération, et cette narration de la journaliste et cette détention assez troubles.
Quand on est retenu 157 jours, dans le noir, les yeux bandés, accroupi, ne recevant qu'un bol de riz et une vache-qui-rit par jour, sort-on aussi pimpant, sautillant, avec nos boucles d'oreilles des grands jours, de l'Hercule 120 qui nous rapatrie de l'enfer ?
Rappelez-vous la libération de Giulana Sgrena : il fallut 4 ou 5 hommes pour l'assister à sa sortie de l'avion, tellement elle était affaiblie !
De plus, comme peut-on "compter les poutres du plafond" quand, primo, on a les yeux bandés, secundo, on est dans une cave ?
Toute l'ironie grinçante que la journaliste met dans ses réponses me met mal à l'aise et me rend très perplexe.
A la question sur Canal+ de Michel Denisot "Qu'est qui vous a le plus marquée pendant vos 5 mois de détention ?", elle répond "A votre avis ? Ben, le mariage de Jean-Michel Jarre !"
Alors quand je lis, hier, que son guide irakien était pilote de chasse pour Saddam Hussein, je me dis que décidément Florence parle sur commande, suite à un enlèvement crapuleux et une détention... mafieuse !
Dans tous les cas, je me range plus que jamais à l'avis de J. Attali qui prétend qu'il ne faut absolument pas médiatiser ce genre d'affaires, car cela ne fait que monter les enchères et la cote des Français sur le marché des otages.
Quelqu'un peut-il m'expliquer à quoi servent donc, dans ce contexte, les comités de soutien et autres pétitions (qui pouvait ne pas vouloir leur libération ?) sinon à envoyer d'improbables messages d'espoir aux otages tout en ravissant les ravisseurs de l'impact médiatique qu'ils obtiennent au bout du compte ?