Nous vivons une crise de l'absolu et de l'autorité ; elle s'appelle relativisme.
Une crise du contact humain ; son nom est virtualisme.
Une crise du bon sens, celui du spectateur impartial de Smith ; son nom est cynisme.
Une crise de la lenteur et des cinq sens ; elle s'appelle consumérisme.
Une crise du local et du proche ; c'est le globalisme.
Une crise de nos valeurs libérales ; c'est le règne de l'idéologisme.
Une crise de la famille ; c'est le communautarisme.
Une crise du parti politique ; c'est l'absentionnisme.
Une crise de l'authenticité et de la complexité ; c'est l'avènement du simplisme.
Une crise du courage, de la vérité et de la raison ; c'est le retour de l'obscurantisme.
Une crise de la spiritualité et de la religion ; c'est la matérialisme.
Une crise de la tradition ; c'est l'instantanéisme.
Une crise de la mobilité ; c'est le triomphe de l'immobilisme.
Une crise du don de soi, du talent et de la vocation ; c'est la victoire du narcissime.
A l'heure où la mondialisation bouleverse notre espace-temps en multipliant les choix de vie et les carrefours, il nous faut penser le Progrès, porte ouverte au pire des oublis, celui de soi, pour reprendre une thèse typiquement heideggerienne.