Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
Guère plus d'un mois après le séisme politique du referendum, quand je prends le métro, chaque matin, je vois à ma droite un citoyen lisant un ouvrage en allemand, à ma gauche une citoyenne lisant un Anglo-Saxon dans le texte, pendant que justement moi je me détourne de mon roman en italien...
Et c'est ce peuple, dont la terre est d'asile et dont l'esprit peut être si cosmopolite, qui a permis aux ultralibéraux de se réjouir comme jamais encore ils n'avaient pu le faire ! On devait se doter de règles pour endiguer la folie ultralibérale, nous voici dans la situation contraire. C'est à mes yeux un vote qui me paraît de plus en plus irresponsable. Mais enfin ! L'Action continue et puis, la politique est partout mais elle n'est pas tout...
Malgré tout, je crois que notre chère Union Européenne semble avoir perdu le cours de l'Histoire et pour ainsi dire avec elle le sens du tragique ; elle semble être condamnée à regarder le monde avancer sans elle, à devoir écouter les monstres politiques dont seule la France a le secret - Jean-Marie, Arlette, Olivier, Philippe, Marie-George - et qui, à contre-courant, égarent les électeurs en leur promettant "un monde meilleur", "une autre société"... Il est d'ailleurs passionnant de voir combien ces diseurs et diseuses de mauvaise politique sont en totale contradiction avec les poids lourds de la philosophie politique que furent Voltaire (qu'ils relisent Zadig ou Micromégas, sur le vrai sens de l'étonnement de bon sens et la naïveté philosophique) et Rousseau (avec sa grande et belle idée pratique selon laquelle - dans les premières lignes de Du contrat social - il faut prendre les Hommes tels qu'ils sont et non tels qu'ils devraient être ). L'Utopie se manipule avec une précaution infinie ; tous ces extrémistes semblent l'avoir oublié... Enfin non, ils le savent et agissent hélas en toute connaissance de cause. Ce qui, naturellement, est mille fois pire.
Tristesse également, quand je relis Marx : "L'Histoire se répète toujours deux fois : la première en tragédie, la seconde en farce."
Je ne puis m'empêcher de voir la tragédie dans la dissolution ratée de 1997 et la farce dans l'épisode de mai 2005...