Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
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TENIR !
Etendu sur son corps qui jamais néchappa
A la tendre violence de leurs cruelles crosses ;
Ignorant à présent ce qui mattend là-bas,
Quattendent-ils de moi, atroces albatros ?
Tenir !
Jentends autour de moi un cri de ralliement
Touchant et singulier étranger et rampant.
Ils disent aux enfants de se rendre « A la douche ! »
Dans une chambre étrange qui leur ferme la bouche.
Tenir !
De tous les rayés et de tous les tondus,
De tous les étoilés et de tous les pendus,
Formant laffreuse file de Nuit et Brouillard,
Je suis le dernier corps qui trébuche au hasard.
Tenir !
Sous le ciel moutonnant de haillons magnifiques,
Sur le sol blanchi de la campagne éteinte,
Nous formons un cortège fou et maléfique.
Un sursaut dénergie joint nos mains suppliantes :
Tenir !
Fantômes que nous étions, nous redevenons corps,
Nous redevenons hommes, de corps que nous étions.
Et nos cheveux repoussent. Les rayures que nos corps,
Les étoiles que nos coeurs portaient, nous souffrions.
Tenir !
Jai relevé la tête, les arbres sont en fleurs.
Au bout de trente mois, enfin, jéclate en pleurs.
Ceux qui nous détenaient, les voilà détenus !
Il nous fallait tenir, et nous avons tenu !
Florent MACHABERT, 12/00
(Texte protégé INPI)