Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
SOUVENIRS
Que naissent les souffrances qui soublieront le soir !
Par une belle nuit froide, il battait le pavé,
Un bouquet dancolies sous sa veste caché,
Le regard embrumé comme par un nuage,
Comme le phare dun port une soirée dorage.
Un frisson dinquiétude le gagne et lalanguit :
Il redevient esclave de sa mélancolie.
Son sourire se dessèche, ses prunelles séteignent,
Et seul avec son âme pour ultime compagne,
Et seul avec loubli, vague gouffre sans fond,
Il abaisse en pleurant sur le pavé son front.
La fraîcheur de laurore le retrouve vieilli,
Et le bouquet de fleurs lui aussi a flétri.
Cependant il se lève, marche péniblement,
Il relève la tête, avance lentement,
Parcourt avec regret limpasse des Lilas,
Et cherche avec langueur Celle quil ne croit plus là.
Lescalier quil gravit le conduit à Sa chambre :
Le piano est ouvert, une sonate dans lombre
Attend quun virtuose fasse valser ses notes :
Etrange vanité que celle dune sonate !
Il retrouve la table sur laquelle dansaient
Les groseilles et les roses ; les couleurs fanées
Dune gravure jaunie : Eté sous les tilleuls ;
Le poids du temps le courbe et le laisse si seul.
Ces souvenirs le blessent, le torture sa mémoire,
Il seffondre en pleurant sur le fauteuil. Un soir
Il y revient, le regard embrumé ; Son nom
Il le lui pleure, le crie... et Elle lui répond !
F.M. - 08/1999
(texte protégé INPI)