Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.
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TEMPÊTE.
Ecueil
D’une île,
Cercueil,
Asile -
Tout dort
Encor.
Le ciel bleu
Devient gris,
Car c’est Dieu
Qui s’écrie :
« C’est mon âme
Qui s’enflamme. »
A l’horizon
L’abîme s’ouvre.
C’est la saison
La mer se couvre.
La rumeur monte,
Le flot remonte.
Le jour s’est éteint,
S’allume la nuit.
Le vent de la fin
Souffle sans répit.
Les oiseaux s’en vont,
L’écho leur répond.
La muraille de pluie,
La nuée de granit,
Sourdent en un même bruit,
Et sur la mer crépitent -
Mer ardoise de plomb
Aux abyssaux tréfonds.
Un tonnerre immense éclate,
Mais tonnerre noir et sans feu.
D’informes foudres s’abattent,
Foudres muettes de Dieu,
Crevasses de la nuée,
Araignées de l’empyrée !
Quel Déluge étourdissant :
L’Ouragan contre l’Ecume !
Qui porte un éclair au flanc
Est le battant de l’abîme.
Du flot vient un hurlement,
C’est l’appel de l’Océan :
« A force d’être rage,
Ô rage ! essouffle-toi !
Cesse d’être sauvage,
Et poumon vide-toi ! »
Et quand l’Onde a parlé,
L’Ondée s’est arrêtée.
Les nuages courent :
Le vent les repousse.
Les mouettes accourent -
Dernière secousse.
Le tonnerre se tait,
L’éclair est muet.
Il est passé !
L’Orage fuit.
Il s’est vidé,
Tout est fini.
Et on le voit
Presser son pas.
Sur le bord
On entend
Des murmures,
Sûrement
Ceux de l’onde,
Une seconde...
La mer
S’endort.
La terre
Ignore.
On doute
J’écoute : -
Tout dort
De profundis ad altum.
Florent MACHABERT, 02/00.
(Texte protégé INPI)