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Un engagement au service de combats intellectuels : des prises de position, des coups de coeur, des coups de gueule, mes poèmes.

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La France doit-elle changer ? (1/3)

           Je veux d’abord exprimer ma profonde gratitude à tous ceux qui ont su me convaincre – non d’écrire ici pour défendre l’idée que je me fais de la France , une France solidaire, une France ambitieuse, une France volontaire, une France fière d’elle-même et de ses valeurs – mais d’écouter plus largement l’appel intérieur que me lancent mes convictions et le sentiment d’un accord profond entre ce qu’il me semble devoir faire de mon existence et les encouragements reçus. 

J’ai toujours estimé que la communication se devait d’être l’antichambre de l’action et c’est là la vraie raison de ma présence à cette tribune aujourd’hui. A quelques mois d’échéances électorales qui vont façonner la France des cinq prochaines années, j’ai souhaité venir tracer avec vous les grandes lignes de la modernisation de notre pays. Ne nous y trompons pas : la mondialisation progresse sur notre planète, et ni l’Europe, ni le reste du monde n’attendront la France – Marx lui-même conseillait : « Il faudrait que les Français s’aperçoivent que le monde bouge, même sans eux. »

En moins de deux décennies, notre pays s’est paupérisé. Les plus aisés ont moins ressenti ce mouvement de destruction de richesse ou l’ont fui. Les plus indigents n’y ont vu que du feu, la société ayant amorti l’effritement de leur pouvoir d’achat. Reste l’éternelle victime : la France du milieu, cette France des classes moyennes qui peu à peu glisse vers la classe sociale inférieure et finit par se demander tantôt ce qui la distingue des cols bleus, tantôt ce qui la motive encore à se maintenir à un niveau de vie trop élevé pour lui permettre de bénéficier des aides financières de la République , mais trop bas pour continuer à mener le train de vie qui était le sien il y a encore vingt ou trente ans.

            C’est donc vers l’idée d’une France de l’équilibre que j’entends vous guider, qui remette les pieds sur terre pour envisager son avenir la tête sur les épaules et faire face aux défis de demain. Rappelons-nous que ceux qui oublient le passé sont naturellement condamnés à le revivre – et c’est d’ailleurs pour cela que la France doit renouer avec son passé, retrouver ses racines authentiques et ainsi déchirer le tissu de contrevérités qui brossent le portrait d’une France idéologiquement réfractaire au libéralisme, alors même qu’à l’exception de John Locke, les grands penseurs libéraux du XIXe siècle étaient français, de Frédéric Bastiat à Benjamin Constant, en passant par les artisans de quelques grandes avancées sociales, de Guizot qui fit interdire le travail des enfants à Waldeck-Rousseau, pionnier du syndicalisme.

            Changer, c’est donc à la fois être résolument tournés vers l’avenir et ne pas cesser de redécouvrir son passé national, lavé des contresens historiques. Le génie français a toujours consisté à mettre l’énergie de tout un peuple au service de ceux que la vie a malmenés : c’est là ce qu’on appelle le prélèvement puis la redistribution au service de la justice sociale. Mais gardons-nous de toute interprétation hémiplégique qui consiste à énoncer ces principes sans leur adjoindre des contrôles, des sanctions, et finalement le sens du devoir : l’« Etat-garant » redistributeur, qui justifie officiellement aux yeux des Français un certain nombre d’inégalités qu’ils acceptent de fait, n’est rien sans l’existence en parallèle d’un « Etat-gérant », c’est-à-dire d’un « Etat-vigile. » Ce qu’on prête et emprunte aujourd’hui à la pensée de Colbert ne vaut que si l’on met également en pratique son principe directeur en matière d’aide publique : « Une entreprise qui est soutenue par l’Etat, si elle ne fait pas de bénéfices au bout de cinq ans, doit être abandonnée. », avait-il en effet déclaré. Il ne fait là qu’affirmer le principe qui commence enfin à progresser au sein de l’Etat : celui d’une performance qui existe aussi dans le secteur public, pour peu que l’on prenne la peine de l’évaluer ! C’est d’ailleurs étrangement la même chose qu’on retrouve dès le début de l’épopée napoléonienne : en 1799, c’est bel et bien Bonaparte qui prit des mesures courageuses pour restaurer les finances publiques, développer l’industrie et mener une ambitieuse politique scolaire.      (suite demain)

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